Sur la carte d'école, l'Afghanistan est entre l'Asie du Sud, l'Asie centrale et le plateau iranien. Ce que cette carte ne trace pas comme littoral, et qui ordonne pourtant l'État, c'est la mer absente.
43 844 111 personnes vivent sur 652 230 kilomètres carrés. La capitale s'appelle Kaboul et se tient dans une haute vallée, pas au bord d'une eau que le pays n'a pas. Sortir, c'est franchir une frontière : vers le Pakistan, l'Iran, le Turkménistan, l'Ouzbékistan ou le Tadjikistan, ou tout à l'est par l'étroit Wakhân vers la Chine.
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Afghanistan en un coup d'œil
Capitale
Kaboul
Superficie
652 230 km²
Habitants
43,8 millions
Langue(s) officielle(s)
Pachto, dari
Monnaie
Afghani
Continent
Asie
Particularité
État enclavé, sans littoral
Les cols sont la vraie forme
L'Hindou Kouch traverse le pays et sépare les plaines du nord des vallées du sud et de l'est. Kaboul est du côté sud de cette ligne de partage, plus près des routes vers le Pakistan que des étendues ouvertes de l'Asie centrale. La capitale n'est pas le centre d'un cercle. C'est l'endroit où les routes se rejoignent avant de se séparer. Vers le nord, on franchit des montagnes. Vers l'est, on prend un col. Les deux chemins restent à l'intérieur des terres, et les deux finissent à une frontière étrangère.
Six États touchent le territoire. Aucun n'est un port que Kaboul posséderait. Le Pakistan tient la plus longue frontière et, avec elle, la route terrestre vers la mer d'Arabie, que l'Afghanistan n'a pas. L'Iran est le côté du golfe, comme voisin, pas comme province. Au nord se trouvent le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. La Chine ne touche le pays que dans le Wakhân, un appendice qui est plus un couloir qu'une porte. La forme de l'État est cette étroitesse des sorties, pas un littoral que l'on suivrait du doigt.
Kaboul n'est pas une ville portuaire qui aurait égaré la mer. C'est la capitale d'un pays qui n'en a pas.
— TerraTally · Desk pays
Deux langues officielles, une monnaie sans port
La constitution de 2004 nomme le pachto et le dari langues officielles de l'État. Le dari est une forme du persan, très présent dans les villes et dans l'administration. Le pachto porte une grande part du sud et de l'est. La même constitution admet d'autres langues, dont le turkmène, comme troisième langue officielle là où elles sont majoritaires. C'est la carte linguistique d'un pays qui n'a jamais été une seule plaine. Une capitale peut entendre les deux grandes langues sans faire comme si la haute vallée était tout le pays.
La monnaie s'appelle l'afghani. Elle circule dans un commerce qui est toujours aussi un commerce de frontière, parce qu'aucun port maritime propre au pays ne reçoit les marchandises. Ce qui arrive à Kaboul a déjà emprunté une route qu'un voisin contrôle. Cela n'explique pas chaque gouvernement ni chaque conflit. Cela explique pourquoi la géographie n'est pas ici un décor. Raconter l'État seulement depuis la capitale, c'est raconter le nœud en oubliant les fils qui le tiennent.
La frontière est le quotidien
Parce qu'aucune côte ne fixe le bord, la politique extérieure commence comme voisinage. L'arête la plus longue et la plus lourde politiquement est celle du Pakistan, la ligne Durand. Elle traverse des terres où des Pachtounes vivent des deux côtés. Kaboul et Islamabad ne lisent pas cette ligne de la même façon. La carte l'appelle pourtant la frontière de l'État. Une ligne contestée reste une ligne où l'on s'arrête, où les marchandises changent de main et où des familles sont coupées.
Au nord, la situation est autre, et pas plus simple seulement parce que les noms paraissent moins souvent dans les titres. Les frontières avec le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan courent sur des plaines et le long de l'Amou-Daria. D'autres voisins, le même fait : le monde de l'État commence à la prochaine barrière. L'Afghanistan est assez grand pour plusieurs paysages et trop enclavé pour en donner un à la mer. Les cols décident qui atteint qui.
L'Afghanistan est une charnière sans côté d'eau. Kaboul gouverne ce que les cols laissent : un État dont le monde commence à la frontière suivante.