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Rubrique · Pays

La Somalie est un peuple réparti sur plusieurs cartes politiques

Mogadiscio ne gouverne qu'une partie de l'État reconnu. Au nord-ouest existe une république autoproclamée, et le monde somali dépasse la frontière.

L'atlas inscrit la Somalie comme un État de la Corne de l'Afrique, avec Mogadiscio pour capitale sur l'océan Indien. Cette ligne nomme le pays reconnu. Elle ne dit pas qui, loin de la capitale, ordonne, juge et tente de lever l'impôt.

19 654 739 personnes vivent sur 637 657 kilomètres carrés. Le pays a un long rivage sur le golfe d'Aden et l'océan Indien, et des frontières terrestres avec Djibouti, l'Éthiopie et le Kenya. La langue somalie et l'économie pastorale ne s'arrêtent pas à ces lignes. L'État reconnu, si. Lire la Somalie, c'est tenir ensemble la côte, l'autorité fédérale à Mogadiscio et les autres sièges sur la même carte.

Somalie en un coup d'œil

Capitale

Mogadiscio

Superficie

637 657 km²

Habitants

19,7 millions

Langue(s) officielle(s)

somali, arabe

Monnaie

shilling somalien

Continent

Afrique

Particularité

État reconnu dont la capitale n'ordonne pas toute la carte

La côte est la façade

Mogadiscio est sur la côte du Bénadir, là où l'océan Indien rencontre un rivage bas et ouvert. Plus au nord, le pays tourne autour de la Corne vers le golfe d'Aden. Ports, pêche et routes vers l'Arabie forment la façade. L'intérieur est savane sèche et semi-désert. Puits, pluie et pâturage y décident de l'année, non la question de savoir si une route atteint la capitale.

La Somalie n'est donc pas un État intérieur qui aurait un littoral par hasard. La côte porte les villes, le commerce et l'attention du monde. La vie politique des éleveurs suit d'autres lignes : familles claniques, points d'eau, mouvement des troupeaux par-dessus les limites de district. Une capitale sur la mer peut nommer cette vie. Elle ne peut pas la remplacer. La forme du pays est un arc d'eau et un intérieur de pâture.

Mogadiscio n'est pas le seul siège

La constitution provisoire décrit une république fédérale. Le gouvernement fédéral siège à Mogadiscio. Des États membres, avec leurs présidents et leurs forces de sécurité, se partagent le sud et le centre. Dans l'intérieur, des adversaires armés de cet ordre, dont les Chabab, tiennent des routes, des villages et parfois des villes. La capitale est alors le lieu où l'État reconnu est visible, non le lieu d'où chaque province est gouvernée.

Au nord-ouest, sur le territoire de l'ancien protectorat britannique, une république autoproclamée fait fonctionner sa propre administration, sa propre pratique monétaire et sa propre prétention à n'être pas un État membre. Les Nations unies ne la comptent pas parmi les membres. Mogadiscio revendique le même territoire pour la fédération. Entre les deux, des villes traitent avec l'un ou l'autre camp sans que l'atlas gagne une seconde couleur. Le Puntland, sur la Corne, se tient pour sa part dans la fédération et, en même temps, comme un pouvoir régional propre.

Mogadiscio est la capitale de l'État reconnu. Ce n'est pas le seul lieu de cette carte où l'on gouverne.

— TerraTally · Desk pays

Clan, langue et monnaie fragile

Les langues officielles sont le somali et l'arabe. Le somali est la langue du quotidien sur presque tout le territoire reconnu et au-delà, dans l'Ogaden éthiopien et dans le nord-est du Kenya. C'est un fait de géographie linguistique, non une revendication territoriale. L'arabe relie le pays au Golfe et au savoir religieux. Les alliances politiques suivent souvent les grandes familles claniques. N'y voir qu'une étiquette tribale manque l'essentiel : dans un État à administration mince, le groupe de parenté est le filet par lequel passent protection, sièges et méfiance.

La banque centrale émet le shilling somalien. Un État qui ne contrôle pas seul sa carte ne contrôle aussi sa monnaie qu'en partie. Change et billets suivent les ports et les marchés, non un décret de Mogadiscio seul. Le cercle se ferme là. Comme peuple, la Somalie est plus ancienne et plus large que la fédération qui la représente en droit international. La capitale reste Mogadiscio. La carte politique reste plusieurs cartes.

L'atlas a besoin d'une couleur et d'une capitale. La Somalie vit comme côte, comme pâture et comme coexistence d'une autorité fédérale, d'États membres et d'une république non reconnue au nord. Nommer Mogadiscio est juste. Le prendre pour toute la réponse est trop peu.