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Le Kosovo a une capitale et une reconnaissance qui n'est pas acquise

Pristina a une capitale, un territoire et l'euro. La reconnaissance est incomplète, et la Serbie maintient sa revendication.

Pristina gouverne un territoire avec une capitale, une frontière et un budget. Belgrade conteste que cela soit devenu un autre État. La résolution 1244 du Conseil de sécurité, en 1999, a placé le Kosovo sous administration internationale intérimaire et n'a pas réglé le statut final. En 2008, l'assemblée à Pristina a déclaré l'indépendance. Un certain nombre d'États la reconnaissent, d'autres non.

Les données pays posent 1 800 000 habitants sur 10 887 kilomètres carrés, un chiffre rond pour un petit territoire des Balkans. Les voisins sont l'Albanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie. L'albanais et le serbe sont langues officielles. On paie en euro, sans que le Kosovo appartienne à la zone euro. Ce qui existe ici en pratique, c'est une administration. Ce qui n'existe pas, c'est une reconnaissance qui fermerait le différend avec la Serbie.

Kosovo en un coup d'œil

Capitale

Pristina

Superficie

10 887 km²

Habitants

1,8 millions

Langue(s) officielle(s)

Albanais, serbe

Monnaie

Euro

Continent

Europe

Particularité

État sans reconnaissance acquise

Pristina et le statut ouvert

La résolution 1244 a mis en place l'administration internationale et n'a pas remplacé la question de souveraineté par un État nouveau. La Serbie la lit comme une revendication qui continue sur le territoire. Pristina lit la déclaration de 2008 comme le moment où l'intérim a fait place à un État qui lui est propre. Les deux lectures ont des porteurs politiques. Ce texte ne tranche pas. Il constate que des ministères, une police et une capitale travaillent sur le sol, tandis que la carte en droit international n'est pas unanime.

Pristina fonde l'indépendance sur le droit de la population à disposer d'elle-même, la Serbie sur l'intégrité territoriale. Ce sont les deux arguments, pas deux mots d'ordre entre lesquels un atlas aurait à choisir. Pour les gens du territoire, le quotidien est néanmoins tranché : papiers, écoles et impôts viennent de l'administration qui siège à Pristina, aussi loin que cette administration porte. Aux bords, surtout face à la Serbie, elle ne porte pas politiquement aussi loin que sur la carte administrative.

Deux langues, une capitale

L'albanais est la langue de la majorité et de la capitale au quotidien. Le serbe est langue officielle à côté, et dans le nord du territoire la langue des communes qui se tournent vers la Serbie. À Mitrovica, l'Ibar divise la ville. Au nord du fleuve, la présence serbe est plus dense. Le fleuve n'y est pas un milieu idyllique. C'est une couture politique : deux rives, deux attentes envers l'État, un pont qui veut dire plus que le trafic.

Les voisins renforcent cette couture au lieu de la lever. L'Albanie est au sud-ouest, proche par la langue de la majorité. La Serbie est au nord et à l'est et conteste la frontière comme frontière d'État. Le Monténégro et la Macédoine du Nord ferment les autres côtés. Pristina est la capitale d'un territoire dont les lignes extérieures sont claires sur la carte administrative et n'ont pas toutes le même rang sur la carte politique. La ligne serbe est celle qui reste ouverte.

Pristina exerce l'administration. Belgrade conteste que la frontière soit devenue pour autant une frontière étrangère.

— TerraTally · Desk pays

L'euro sans zone euro

La Banque centrale du Kosovo utilise l'euro comme monnaie légale. Le territoire n'appartient pas à la zone euro et n'émet pas lui-même les billets. Il utilise un argent décidé ailleurs, parce qu'une monnaie propre n'avait pas de base de confiance après la guerre et parce que la monnaie de l'intérim a été rattachée à l'euro. Cet euro diffère de l'euro d'un État qui a un accord monétaire. Ici la monnaie est une décision pratique, pas une appartenance.

Un chiffre rond d'habitants dans les données pays rappelle que la statistique de ce territoire est, elle aussi, encadrée politiquement. 1 800 000 est le chiffre que cet atlas pose, pas une phrase qui remplacerait le statut. La superficie de 10 887 kilomètres carrés de même : la Serbie ne la lit pas comme un territoire étranger. Pristina la lit comme le territoire qu'elle administre. L'euro traverse ces lectures, dans la boutique et sur le salaire. Il ne ferme pas la reconnaissance.

Le Kosovo a une capitale à Pristina, deux langues dans la constitution et l'euro en circulation. La résolution 1244 et la déclaration de 2008 restent côte à côte. La Serbie tient la revendication. L'administration tient le quotidien. L'une n'est pas reconnue au même degré que l'autre.