Sur la carte, le Cap-Vert est un groupe d'îles à l'ouest de l'Afrique de l'Ouest. L'État qui les porte n'est pas une côte avec un arrière-pays. C'est ce qui tient entre les îles, et ce qui reste quand des gens partent par la mer.
Praia, sur Santiago, est la capitale parce que le gouvernement y siège et parce que Santiago est l'île la plus peuplée, non parce que l'archipel aurait un centre naturel. Mindelo, à São Vicente, fut le port des routes atlantiques. Sal et Boa Vista sont sèches dans le vent. Fogo porte un volcan. La superficie est de 4 033 kilomètres carrés, la population de 527 326 habitants. Les deux chiffres décrivent le sol. Ils ne disent pas jusqu'où vont les familles.
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Cap-Vert en un coup d'œil
Capitale
Praia
Superficie
4 033 km²
Habitants
527 326
Langue(s) officielle(s)
Portugais
Monnaie
Escudo cap-verdien
Continent
Afrique
Particularité
Créole au quotidien, portugais dans les actes
Au vent et sous le vent
Les îles du nord s'appellent Barlavento, le côté qui prend le vent. On y trouve Santo Antão, São Vicente, São Nicolau, Sal et Boa Vista. Celles du sud sont le Sotavento : Santiago, Fogo, Brava et Maio. Les noms disent quelle côte reçoit d'abord l'alizé. Les îles de l'ouest sont plus vertes, celles de l'est sont sèches. La pluie n'y est pas un décor pour les hôtes. Elle est la limite entre une vallée qui porte une récolte et un champ qui ne la porte pas.
Ce pays n'a pas de continent à lui. Pour passer d'une île à l'autre, on prend le bateau ou l'avion. La république n'en a pas fait une romance. Elle en a fait des ports, des administrations et une capitale qui revendique l'archipel depuis Santiago. Les îles de l'est sont plus proches de la côte africaine et n'en sont pas pour autant un appendice. Celles de l'ouest sont plus au large. Ensemble, elles forment un État d'Afrique de l'Ouest sans frontière terrestre. Des voisins au sens d'une ligne commune manquent. Le cadre de la politique est la mer.
Portugais au bureau, créole dans la rue
La langue officielle est le portugais. La constitution le dit, et cela vaut pour l'école, la loi et l'État écrit. Ce que les gens parlent, c'est le créole cap-verdien, et on ne le parle pas de la même façon sur chaque île. Les différences appartiennent à la carte. Qui ne lit que le journal officiel voit un pays lusophone. Qui se tient au marché entend une langue née du long contact du portugais avec les langues africaines du peuplement. L'indépendance de 1975 a changé le drapeau, pas cette répartition du travail.
Ce double régime de langues n'est pas un manque que l'État devrait encore combler pour exister vraiment. C'est la manière dont il existe. Le portugais relie le Cap-Vert à un monde lusophone plus large et au droit écrit. Le créole relie les îles entre elles, même là où la parole change de Sal à Brava. Un État fait d'îles a besoin d'une langue qu'on ne reçoit pas d'abord à l'école. Il a aussi besoin d'une langue où les jugements et les contrats restent fixés.
Les îles sont l'État. Ce qui porte entre elles, c'est la langue, et la traversée.
— TerraTally · Desk pays
Partir fait partie de l'ordre des choses
Les îles sont sèches, et la terre cultivable est rare au regard des gens qui y naissent. L'émigration vers le Portugal, vers les continents américains et vers d'autres pays européens n'est donc pas un à-côté de la dernière saison. C'est une vieille réponse à un territoire étroit et aride. Mindelo stockait le charbon des navires qui traversaient l'Atlantique. La position sur les routes a lié l'archipel tôt à des ports étrangers. L'argent envoyé aujourd'hui à la maison répète cet ordre.
La capitale reste Praia. La nation est plus grande que la surface inscrite sur les papiers. Ce n'est pas une phrase de brochure. C'est l'économie politique d'un État qui ne peut pas nourrir tous les siens sur son propre sol et qui les traite pourtant comme partie de son ordre. La monnaie est l'escudo cap-verdien, émis par la banque centrale du pays et arrimé à l'euro. L'arrimage dit vers où une part des liens économiques se tourne. Il ne remplace pas la pluie qui tombe sur Santo Antão et manque à Sal.
Le Cap-Vert est petit en kilomètres carrés et vaste dans les biographies. Praia est le siège d'un État que la mer sépare et porte à la fois.